On imagine souvent qu’un attaquant s’en prend directement à sa cible. Pourtant, il peut chercher un chemin indirect : un partenaire, un prestataire, un compte ou un appareil relié à cette cible. L’ANSSI décrit ces attaques « par rebond », où un tiers est compromis pour atteindre l’organisation visée.[1]
Comment devient-on un point de passage ?
Les situations varient. Une boîte e-mail peut contenir des échanges professionnels et permettre de réinitialiser d’autres comptes. Un appareil professionnel peut donner accès à des outils internes. Un prestataire peut disposer d’un accès distant à certains systèmes. Un compte de réseau social compromis peut aussi permettre l’usurpation d’identité et servir à approcher des collègues ou des partenaires.
Le risque dépend des liens réels : des accès accordés, des informations disponibles, des appareils utilisés et de la confiance accordée aux messages. Il ne faut donc pas conclure qu’une personne victime d’un piratage a forcément exposé toute son organisation. La sécurité repose aussi sur la limitation des accès et les protections mises en place par les organisations.
Ce n’est pas une question de culpabilité
Les attaques s’appuient souvent sur la tromperie, l’urgence ou des défauts de sécurité difficiles à repérer. Être piégé ne signifie pas qu’on a voulu mettre les autres en danger. L’enjeu est de comprendre que nos comptes et nos accès sont connectés à d’autres personnes, puis d’adopter des protections adaptées.
Les utilisateurs peuvent sécuriser leurs comptes ; les organisations doivent aussi limiter les droits d’accès, protéger les comptes sensibles, maintenir les appareils à jour et prévoir une façon simple de signaler un incident.
Quelques gestes qui réduisent le risque
- Activez l’authentification multifacteur sur les comptes importants, notamment l’e-mail et les accès professionnels, lorsqu’elle est disponible. Elle ajoute une barrière si un mot de passe est compromis.[2]
- Utilisez un mot de passe différent pour chaque service et un gestionnaire de mots de passe si cela vous convient.
- Protégez vos appareils par un verrouillage et installez les mises à jour proposées.
- Vérifiez une demande inhabituelle d’argent, de code ou d’accès par un autre canal connu.
- Au travail, utilisez uniquement les accès nécessaires à votre rôle et signalez rapidement tout message ou comportement suspect.
Pourquoi agir avant l’incident ?
Parce qu’une mesure simple mise en place aujourd’hui peut réduire les possibilités d’un attaquant demain. Le but n’est pas d’avoir peur de chaque clic ni de tout sécuriser parfaitement : c’est d’identifier les comptes et accès qui relient notre vie numérique à celle des autres, puis de renforcer les plus importants.
Découvrez pourquoi ces comptes méritent une protection particulière et les réglages à vérifier dans notre guide Protéger ses réseaux sociaux.
Sources et pour aller plus loin
- ANSSI — Piratage informatique, phishing, ransomware : comprendre les cyberattaques
- CISA — More than a Password (authentification multifacteur)
- ENISA — Threat Landscape for Supply Chain Attacks
Article de sensibilisation générale, mis à jour le 19 octobre 2026. Les exemples décrivent des scénarios possibles : le fait qu’un compte soit compromis ne signifie pas automatiquement qu’une autre personne ou organisation sera atteinte.